CMAC

Participation au «Cambodian Mine Action Center» au Royaume du Cambodge

Situé dans le Sud de l’Asie dans le Golfe thaïlandais, le Royaume du Cambodge est l’un des pays les plus touchés par les mines et des engins non explosés. Ceci est le résultat d’un héritage de décennies de guerre durant lesquelles le sol a été truffé de mines qui ont fait et qui continuent à faire des victimes au sein de la population cambodgienne. L’utilisation des mines sur le sol cambodgien date de plusieurs décennies. Elle commençait après la Seconde Guerre Mondiale où le Cambodge était un théâtre d’affrontements entre la France, le Japon et la Thaïlande. À l’issue de la première guerre d’Indochine, le Cambodge retrouva son indépendance, mais fut néanmoins progressivement happé par la seconde guerre d’Indochine opposant Nord-Vietnamiens et Etats-Unis. Cette insertion progressive dans une guerre qui n’était pas la sienne fut imposée au Cambodge par la construction des pistes Hô Chi Minh qui traversaient les territoires khmers et étaient utilisées par les Vietcongs pour réapprovisionner les Sud-Vietnamiens communistes.

Les mines et les munitions ont étés utilisées à des fins militaires pour sécuriser les postes de commandement, les bases militaires et les routes de passage ou pour bloquer l’accès aux zones de ravitaillement alimentaire. Depuis, le Cambodge vit dans une instabilité politique, économique et culturelle permanente. L’arrivée au pouvoir des khmers rouges n’a fait qu’empirer la situation du pays : toutes les frontières avec le Vietnam et la Thaïlande furent minées. Même après le départ des khmers rouges chassés par les Vietnamiens en 1979, les forces gouvernementales ont eu de nouveau recours à la pose de mines pour contenir les poches de résistance des khmers rouges qui persistaient à la frontière avec la Thaïlande.

Pendant toutes ces années de guerre où le pays a été miné, aucune carte de poses des mines n’était préalablement dressée. Ceci complique d’avantage les opérations de déminage qui passent avant tout par le repérage et la cartographie des endroits minés. En plus, durant les saisons de pluies, les mines et les munitions non explosées sont déplacés et drainés plus en profondeur ce qui rend leur détection beaucoup plus difficile. On estime qu’un nombre de 4 à 6 millions d’engins non explosés (mines, projectiles divers) sont dispersés dans tout le pays. À ceux-ci, il faut encore ajouter plus de 540.000 tonnes de bombes d’avion larguées par les Etats-Unis sur le territoire cambodgien, principalement dans l’Est du pays et le long de la frontière vietnamienne sur les pistes Hô Chi Minh.

Le Centre d’Action contre les Mines du Cambodge - «Cambodian Mine Action Center» (CMAC) a été mis sur pieds en 1993 sous l’égide du Programme des Nations Unies pour le développement dans le but de réduire la menace des mines qui pèsent lourdement sur les populations civiles et le développement local. Son but est d’instaurer des conditions de vie permettant aux cambodgiens de mener une vie normale à l’abri de la menace continuelle posée par les mines et les engins non explosés. Il a comme mission de repérer et de cartographier les champs de mines pour procéder ensuite à leur déminage en collaboration avec des équipes de professionnels du déminage et en impliquant des personnes désirant participer à ces opérations tout en les formant pour mener à bien ce travail très difficile. En 1991, les mines terrestres tuaient ou blessaient chaque mois plus de 400 personnes au Cambodge. Les nombreuses activités du CMAC ont permis d’abaisser à 200 par mois le nombre de personnes victimes d’explosions de mines enfouies dans le sol cambodgien. Les activités menées par le CMAC sont suivies avec intérêt par les États engagés pour combattre ce problème ainsi que par des représentants d’autres pays touchés par le même phénomène (Angola, Bosnie, Nicaragua, Mozambique et Croatie).

Parmi ces activités, on peut citer:

  • formations et stages offerts aux personnes désireuses de participer aux opérations de déminage avant de se joindre à un peloton;
  • campagnes de sensibilisation aux dangers des mines et des engins non explosés à l’aide d’un programme bien détaillé destiné à toute la population, surtout pour les enfants;
  • démonstrations de l’utilisation des nouveaux outils servant aux opérations de déminage ainsi que de la façon dont les professionnels se servent de chiens renifleurs.

L’effectif du CMAC comprend environ 2.400 personnes réparties dans différentes unités. On y distingue ainsi un État-major, six unités de déminage - « Demining Unit » (DU) et un centre de formation - « Training Center » (TC).

En juillet 2003, le Luxembourg a décidé de s’engager au Cambodge aux côtés de la Belgique. Le sous-officier EOD, déployé le 14 septembre 2003 occupait la fonction de «field technical advisor» au sein du CMAC et se trouvait en mission pour une durée de 6 mois. Il avait la supervision de 8 équipes de déminage. Ces équipes étaient déployées dans le Sud et l’Est du pays. Sa mission consistait à accompagner les équipes sur le terrain. Il contrôlait leurs connaissances théoriques et pratiques, les conseillait en cas de besoin tout en leur montrant les méthodes d’intervention nationales, si elles étaient différentes des leurs.