UNICEF

Mission d'aide humanitaire des Nations Unies au Pakistan

En été 2010, le Pakistan a été confronté à un désastre humanitaire sans précédent. Pendant les dernières semaines de juillet, des pluies diluviennes de la mousson provoquaient de terribles inondations et des crues de rivières dans plusieurs régions du Pakistan. Ces inondations avaient submergé un cinquième du pays et le nombre de personnes affectées était estimé à près de 20 millions. Les régions les plus touchées étaient le Khyber Pakhtunkhwa au nord-est, la province centrale du Punjab et la province de Sindh au sud. Le bilan dressé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) faisait état de 1.961 victimes, de 1,9 millions de personnes sans abris et d’environ 8 millions de personnes dans un besoin d’aide humanitaire urgent. Ces besoins urgents concernaient principalement l’aide alimentaire, l’hébergement, l’appui médical et surtout l’eau potable. Les risques de famine et d’épidémies menaçaient les sinistrés.

Dans ce contexte d’urgence, le gouvernement luxembourgeois avait décidé fin août 2010 de compléter les efforts déjà consentis par la mise sur pied d’une mission humanitaire pour venir en aide à la population pakistanaise. Il s’agissait d’une mission à caractère civil, les participants étaient placés sous l’autorité du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Équipée d’une station de purification d’eau, de trois camions et d’un véhicule tout-terrain, une équipe de 9 militaires était déployée dans la province de Sindh.

Le 21 septembre, le chef du détachement et son adjoint partaient comme précurseurs à destination de KARACHI, capitale de la province de Sindh afin de reconnaître la zone et de préparer l’arrivée du gros du détachement. Le lendemain, les autres membres du détachement et le matériel quittaient l’aéroport de Luxembourg à bord d’un avion de transport gros- porteur Antonov 124.

La mission du détachement consistait à produire de l’eau potable au profit de la population sinistrée et à instruire du personnel à employer l’équipement de purification. Il était en effet envisagé de céder le matériel à l’autorité provinciale de gestion des crises («Provincial Disaster Management Agency ») au moment du redéploiement de l’équipe.

La zone d’engagement se trouvait en périphérie de HYDERABAD, à 160 kilomètres au nord de KARACHI. Une centaine de camps de réfugiés se trouvaient dans cette région, des dizaines de milliers de sinistrés campaient en plein air ou sous des tentes de fortune. Le détachement luxembourgeois s’installait à NEW SABZI MANDI, à deux kilomètres au nord-est du centre d’HYDERABAD. Cet endroit, utilisé comme marché de légumes et de fruits en temps normal, servait de refuge à 22.000 personnes déplacées internes qui y vivaient dans des conditions extrêmement précaires.

Après plusieurs jours de préparatifs, le dispositif mis en place avec le soutien d’entrepreneurs locaux et de la population locale permettait de pomper l’eau d’un canal adjacent, alimenté par l’Indus, de la purifier dans une enceinte fermée avoisinante et de conduire l’eau potable directement à l’intérieur du camp.

Puisqu’il était envisagé de céder l’équipement aux autorités locales à la fin de la mission, un représentant du bureau local d’UNICEF, ainsi que des techniciens de la « Water and Sanitation Authority » (WASA) et de la « Taluka Municipal Administration » (TMA) suivaient une instruction détaillée pendant deux semaines afin d’être en mesure de redéployer l’équipement en cas de nécessité.

Vers la mi-octobre, la situation commençait à se stabiliser et les autorités locales commençaient à organiser le retour des familles vers leurs villages d’origine. Au vu de la décroissance significative de la population du camp, UNICEF décidait de démanteler le site de purification. L’équipement était reconditionné sur les véhicules et le matériel fut entreposé en lieu sûr pour permettre son redéploiement ultérieur, en cas de nécessité.

Le 19 octobre, le détachement a quitté KARACHI à destination du Luxembourg.