EUFOR CONCORDIA

Opération militaire de l'UE en Ancienne République yougoslave de Macédoine

En 1991, et suite à l’éclatement de la Yougoslavie, la Macédoine, avec une majorité de Macédoniens slaves et une minorité prépondérante d’Albanais déclarait son indépendance. Les Albanais n’acceptaient pas le statut de minorité nationale qui leur était conféré par la Constitution macédonienne de 1991. La revendication de ceux-ci pour être reconnus peuple constitutif de l’État était la raison apparente des tensions interethniques. Une autre source de difficultés résidait dans le conflit interethnique naissant entre une majorité de langue macédonienne, de religion orthodoxe et une minorité de langue albanophone, de religion musulmane. Le gouvernement macédonien, confronté pour la première fois à une crise de ce genre et ne disposant que d’une petite armée inexpérimentée a demandé d’emblée l’aide des européens et des américains.

C’est ainsi que suite à la demande du Président de l’ancienne République yougoslave de Macédoine et après le vote de la résolution 1371 du Conseil de Sécurité des Nations Unies que l’UE a mis sur pied l’opération CONCORDIA le 31 mars 2003. Cette opération était menée en ayant recours aux moyens et capacités de l’OTAN, dans le cadre des arrangements dits de «Berlin plus». L’objectif principal de cette opération était de contribuer à un environnement stable afin de permettre la mise en œuvre de l’accord, signé en août 2001 dans la ville de Ohrid.

Alors que le quartier général opérationnel se situait au SHAPE à Mons, celui des forces sur le terrain était implanté à Skopje. L’EUFOR se composait de 421 militaires de 26 nationalités différentes. L’objectif de l’EUFOR était d’assurer une présence internationale dans les zones majoritairement albanophones et encore fragilisées par les tensions ethniques, en effectuant des patrouilles dans les parties montagneuses de l’ouest et du nord-ouest de la Macédoine.

Cette opération était une contribution aux efforts de l’UE déjà fournis afin de soutenir le processus de démocratisation et de pacification de ce pays ainsi que sa relance économique.

En avril 2003, le Luxembourg a participé à la mission CONCORDIA avec un officier, affecté à l’état-major de la force multinationale dans la fonction de «theatre fiscal officer». Une rotation a eu lieu en septembre 2003 jusqu’à la fin de la mission le 15 décembre 2003.

De par cette mission, l’UE voulait démontrer qu’elle possédait dorénavant une capacité militaire, et de ce fait, la Macédoine pouvait être considerée comme laboratoire de la construction de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC). La mission CONCORDIA ayant bien été taillée aux capacités militaires de l’UE, il fallait néanmoins admettre que sans l’appui des ressources de l’OTAN, cette mission n’aurait pas pu être mise en œuvre.