EUNAVFOR ATLANTA

Opération militaire de l'UE sur les côtes de la Somalie

La Somalie subit depuis les années ’90 une guerre civile qui oppose les différents clans et qui implique des groupes de mouvance islamistes. Dans cet environnement instable, le phénomène de la piraterie a trouvé un nouvel essor avec la prise en otage de navires de la marine marchande dans le Golfe d’Aden, dans l’Océan Indien jusqu’aux Seychelles et dans le Sud de la Mer Rouge. Pour faire face à cette menace, l’UE mène depuis le 8 décembre 2008 une opération militaire pour contribuer à la dissuasion, à la prévention et à la répression des actes de piraterie et de vols à main armée au large des côtes de la Somalie. Cette opération est la première opération maritime de l’UE, et elle confirme le rôle d’acteur global de l’UE dans les relations internationales.

L’opération dénommée EUNAVFOR Somalie-Opération ATALANTA a été lancée à l’appui des résolutions 814, 1816, 1838, 1846 adoptées en 2008, et 1897 adoptée en 2009 par le Conseil de sécurité des Nations Unies et vise à :

  • fournir une protection aux navires affrétés par le programme alimentaire mondial, programme qui nourrit chaque jour en moyenne plus de 1.600.000 Somaliens déplacés ;
  • protéger les navires marchands avec si besoin recours à l’usage de la force, pour dissuader, prévenir et intervenir afin de mettre fin aux actes de piraterie ou aux vols à main armée qui pourrait être commis dans la zone d’opération.

L’opération est commandée depuis l’État-major opérationnel situé à Northwood au Royaume-Uni. L’État- major de la force est embarqué à bord d’une frégate. Plus d’une vingtaine de bâtiments et 3 à 5 avions de surveillance participent à l’opération, soit plus de 1.800 militaires. Initialement, les États membres de l’UE suivants apportent une contribution opérationnelle à l’opération : l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la France, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suède. Depuis août 2009, la Norvège est le premier pays tiers qui participe à ATALANTA. La Croatie, le Monténégro et l’Ukraine participent également à l’opération navale de l’UE. La force navale européenne opère dans une zone comprenant le Sud de la mer Rouge, le Golfe d’Aden et une partie de l’Océan Indien comprenant les Seychelles. Plusieurs autres forces navales opèrent également dans cette zone et l’opération EUNAVFOR établit une liaison permanente avec ces forces: coalition menée par les États-Unis (CTF151), OTAN, bâtiments russes, indiens, japonais, chinois et saoudiens.

Au cours de l’exécution de l’opération ATALANTA, un besoin renforcé en capacités de surveillance maritime aérienne fut constaté. Ces capacités étant peu nombreuses au sein des États membres de l’UE et afin d’apporter une contribution utile à l’opération ATALANTA, le gouvernement luxembourgeois avait décidé de conclure un contrat avec une société d’aviation installée au Luxembourg (CAE Aviation) qui dispose d’une capacité et d’une expertise dans le domaine de la reconnaissance et de la surveillance aérienne, active depuis quelques années pour le compte de l’OTAN dans les Balkans ou encore au profit de l’agence européenne FRONTEX. Ce contrat prévoit le déploiement de deux avions civils de reconnaissance et de surveillance au profit de EUNAVFOR.

Ainsi, le Luxembourg participe à cette opération depuis le 1er octobre 2009 avec deux avions de surveillance maritime « Swearingen Merlin III » sous forme d’un partenariat public-privé. Afin de permettre un suivi permanent de la contribution luxembourgeoise, il fut décidé de déployer un officier au quartier général opérationnel. Il était intégré dans la cellule aérienne au sein de la division des opérations du quartier général de janvier à juillet 2010. Cette fonction permettait de suivre les opérations aériennes en liaison directe avec le quartier général des forces et les autres acteurs majeurs dans le théâtre des opérations. Depuis juillet, la liaison avec le quartier général opérationnel est faite périodiquement via la représentation militaire du Luxembourg auprès de l’UE. Les deux avions sont basés à l’aéroport international de Mahé aux Seychelles. Les missions consistent surtout en des tâches de détection de groupes de pirates dans des zones de recherche situées au dessus des hautes mers de l’océan indien. Le détachement se compose de 10 personnels d’équipage, de 2 analystes d’imagerie et de 2 techniciens. Un officier de liaison britannique de la «Royal Air Force» est mis à la disposition du détachement.