Les démineurs belges à la rescousse

Lundi 09 mars 2020

Un an après l'accident du Waldhof, qui a coûté la vie à deux membres du service de déminage de l'armée grand-ducale, le Sedal peut compter sur le soutien de son grand frère belge. Ce dernier est en charge d'une double mission: combler le vide et assurer la formation des nouveaux éléments.

Il y a eu un avant et un après l' explosion du Waldhof pour le Sedal. Depuis le 14 février 2019, le service de déminage de l'armée luxembourgeoise a vu ses effectifs réduits de moitié alors que le nombre de ses missions n'a, lui, pas évolué. Sur les six personnes que comptait le service début 2019, deux ont trouvé la mort lors de la manipulation d'un obus de la Deuxième Guerre mondiale et un troisième a été grièvement blessé

La collaboration entre les services de déminage des armées belge et luxembourgeoise s'est considérablement renforcée au cours des derniers mois.
Photo: Lex Kleren

Mais depuis un an et pour assurer le suivi des missions, estimées à plus de 300 par an, le Sedal est secondé par ses homologues belges. Habituellement basés à Oud-Heverlee dans la région de Louvain, des membres du service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs (Sedee) se rendent une fois par mois au quartier général du Sedal. Objectifs: assister et former le personnel de l'armée luxembourgeoise.

Suite logique puisque les deux corps d'armée adoptent la même approche du travail. «Nous intervenons avec eux dans le cadre des munitions conventionnelles retrouvées sur le territoire luxembourgeois. Nous effectuons les missions et nous sommes toujours accompagnés par un représentant luxembourgeois», explique l'adjudant Gilles Ballestero. 

La fonction d'EOD (explosive, ordnance, disposal) ou démineur nécessite énormément de pratique et demande aux candidats de faire preuve d'une bonne analyse des dangers. Le Sedel intervient notamment chez des particuliers, en cas de découvertes de munitions dans le jardin), ou sur des chantiers de terrassement. Une aide jugée comme indispensable pour les Luxembourgeois.

Les missions du Sedal se situent principalement dans le nord du pays. «La bataille des Ardennes y est pour beaucoup, on retrouve notamment d'anciennes munitions de la Deuxième Guerre mondiale mais nous avons aussi été appelés sur les sites des gares de Luxembourg ou encore à Bettembourg», explique le capitaine François Utter, chef du service déminage.   

Concrètement, arrivés sur les lieux, les démineurs doivent avant tout penser à sécuriser la zone. «Vient ensuite la reconnaissance de la munition. Nous devons connaître le modèle d'arme sur lequel nous devons agir comme par exemple le système de mise à feu.» Après la phase évaluation, les démineurs envisagent ou non la destruction de la munition. 

«Nous devons savoir si nous pouvons la transporter. Si c'est le cas, nous la détruisons sur un site militaire. C'est toujours l'idéal car si nous ne sommes pas en mesure de déplacer l'engin, on le détruit sur place mais cela implique quelques conséquences», poursuit le militaire luxembourgeois.  

Outre les démarches nécessitant les demandes d'autorisation, il faut également informer le propriétaire du terrain sur les conséquences de l'explosion sans oublier la gestion du trafic aux abords des lieux. La collaboration entre démineurs mais aussi avec les services de la police est donc indispensable.

A titre d'information, une personne qui désire rejoindre le staff du Sedal doit avant tout faire partie de l'armée, les recrutements ayant lieu en interne. Il faut compter environ une année de formation, cinq pour postuler à un poste de chef d'équipe. 

Ce partenariat entre les deux services devrait se terminer fin de l'année 2020.  Deux démineurs terminent actuellement leur formation en Belgique, ils devraient être opérationnels dans quelques mois. Les effectifs passeraient ainsi de quatre à six membres.

Source

Luxemburger Wort

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