Rendez-vous en terres inconnues pour l'armée

Mercredi 24 novembre 2021

Trente ans après leur dernier engagement, des soldats luxembourgeois s'apprêtent à remettre les rangers en Irak. Mais des uniformes frappés du lion rouge vont également être déployés, d'ici trois semaines, au Mozambique. Une première.

Pour l'armée luxembourgeoise, l'Iraq avait fini par ne plus être qu'un lointain souvenir. La dernière mission où un soldat du Grand-Duché avait été détaché là-bas remontant à 1991. Il était alors question d'assistance humanitaire au peuple kurde. Mais la donne va changer dès décembre prochain. A nouveau, le contingent national est appelé à expédier un de ses uniformes du côté de Bagdad. Un sous-officier prépare ainsi son paquetage pour bientôt rejoindre l'état-major de l'opération NATO Mission Iraq. «Le règlement grand-ducal a été signé, nous sommes prêts», confirme le lieutenant-colonel Guillaume  Schlechter.

Pour l'officier en charge d'organiser les départs vers des théâtres extérieurs, il faudra sans doute envisager un second départ dans le courant de l'année 2022 pour cette mission. «Il s'agira d'intégrer, une fois sur place, un groupe d'environ 200 soldats issus de 27 pays distincts. Tous affectés pour assurer conseil, formation et renforcement des capacités militaires en Irak. Rien de combattant.»

Mais le même mois, cap au Mozambique aussi pour les hommes dirigés par le général Thull. «Une destination inédite», indique le lieutenant-colonel qui, cette fois, devra libérer une poignée de spécialistes des télécommunications. L'idée étant de participer à la mise en place d'antennes et terminaux satellite pour assurer les relations entre l’état-major militaire de l'Union européenne (à Bruxelles) et l'état-major des forces stationnées à Maputo. «Là, nos soldats installent mais nous devrons y retourner régulièrement pour assurer le suivi des équipements techniques et leur maintenance.»

Voilà pour l'actualité inédite de cette fin d'année sur l'agenda de l'armée luxembourgeoise. Mais le lieutenant-colonel Schlechter doit aussi veiller aux troupes déjà engagées par ailleurs. Comme les quatre militaires luxembourgeois en service en Lituanie, «sur le front de l'Est». Des hommes de troupe qui, au besoin d'ailleurs, peuvent être affectés en Pologne ou dans les deux Etats baltes voisins (Estonie et Lettonie ). «Nous renforçons les capacités de transport de la mission OTAN et là encore veillons sur les liaisons satellitaires.»

Le gradé qui a déjà usé son uniforme au Congo, Kosovo, en Afghanistan ou en République centrafricaine prend aussi régulièrement des nouvelles des personnels en poste au Mali. Le plus gros contingent servant à l'étranger : 24 effectifs. «Là encore, il s'agit d'une mission non combattante mais de formation».

Plus exactement, à Bamako et ses environs les Luxembourgeois participent à deux initiatives distinctes. L'une accapare 22 personnels et se trouve placée sous le commandement de l'Union européenne; l'autre compte pour l'ONU et mobilise deux techniciens (encore pour la gestion des systèmes d'information et de communication).

Pour le lieutenant-colonel, il est clair que depuis 1992 (et l'appel aux forces grand-ducales en ex-Yougoslavie), les missions en territoire extérieur ont considérablement modifié non seulement la formation des engagés mais aussi l'image de marque de la Lëtzebuerger Arméi. «Je ne dirais pas que cela aide au recrutement, mais cela y participe grandement. Les jeunes qui se présentent à nous maintenant, ont vu leurs aînés partir pour ces opérations lointaines et beaucoup apprécieraient d'avoir la chance d'y participer à leur tour».

Tous vaccinés avant le décollage
Depuis le début de la pandémie, l'état-major luxembourgeois a pris bien soin de n'envoyer en opération extérieure uniquement des militaires à jour de vaccination anti-covid. «Ce n'est pas une obligation professionnelle, mais un impératif, je dirais», s'avance le lieutenant-colonel Schlechter. «Le virus est plus qu'un facteur de risque, un ennemi qui peut mettre en danger une mission en affaiblissant les soldats engagés». Et cela d'autant plus facilement que le ''job'' implique une proximité entre militaires ou des périodes de confinement lors d'interventions.

Luxemburger Wort: Patrick Jacquemot

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